Séance du mardi 22 septembre 2026 à 14h30 à La Garde (Auditorium Gérard Philipe) animée par Philippe Granarolo, Docteur en Philosophie.
Cette conférence se propose de confronter les deux discours d’Aristophane et de Diotime, dans Le Banquet de Platon, et l’un des ouvrages les plus controversés de l’âge d’or de la psychanalyse, Le traumatisme de la naissance d’Otto Rank.
À travers le prisme du Traumatisme de la naissance, nous nous demanderons s’il faut suivre Aristophane, et voir dans le désir amoureux un instinct de régression qui nous pousse à rechercher vainement la reconstitution d’une unité primordiale à tout jamais anéantie, une force qui nous ramène vers le passé et nous empêche d’évoluer.
Ou s’il convient de suivre Diotime, et se représenter le désir amoureux comme un simple point de départ, une première impulsion qui ouvre la voie à des désirs plus élevés, la première étape d’une longue route menant en particulier à la philosophie. Que répondrait Otto Rank ?
Il semblerait a priori donner raison à Aristophane, son « traumatisme de la naissance » n’étant rien d’autre d’une certaine façon qu’une traduction en langage analytique du mythe grec. Notre unique désir serait bien celui de retourner dans le ventre maternel, de reconstituer avec le corps de la mère l’unité perdue, synonyme de bonheur, paradigme du Paradis que nous recherchons de toutes nos forces.
Mais en montrant comment le genre humain a su réagir à son angoisse initiale en inventant d’innombrables stratégies qui constituent autant de « sublimations » du désir primordial, en distinguant le névrosé qui ne parvient pas à inscrire son angoisse ailleurs que sur son propre corps, et l’artiste qui projette dans une œuvre son fantasme de retour, en supposant que la transformation de la nature par le travail humain est une réponse intelligente à l’impossibilité de recréer à l’identique les conditions de la vie intra-utérine, Otto Rank ne se range-t-il pas finalement du côté de Diotime ?
Mardi 22 septembre 2026 à 14h30
Naissance, désir, amour : de Platon à Otto Rank
Philippe GRANAROLO
LA GARDE (Auditorium Gérard Philipe)




